La Dominique · Histoire
Histoire de la Dominique
Terre des Kalinagos, disputée pendant plus d’un siècle par la France et l’Angleterre, la Dominique a une histoire à part dans la Caraïbe. Montagneuse et couverte de forêt, elle a longtemps résisté aux colons, abrité les derniers Kalinagos des Antilles et les communautés d’esclaves marrons, avant de devenir une colonie britannique… où l’on parle encore créole.
Indépendante depuis 1978, l’île a su garder ce caractère rebelle et sa nature intacte. Voici, en quelques grandes étapes, comment s’est écrite son histoire.
« Wai’tu kubuli » : grand est son corps.Le nom kalinago de la Dominique

- 1493Christophe Colomb nomme l’île un dimanche : Dominica
- 1763La Dominique devient britannique
- 1903Création du territoire Kalinago
- 1978Indépendance, le 3 novembre
La chronologie
Des premiers habitants à la Dominique d’aujourd’hui. Choisissez une période pour filtrer les dates.
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Il y a plusieurs millénairesLes premiers habitants
Venus d’Amérique du Sud en remontant l’arc des Antilles, de petits groupes de chasseurs-cueilleurs s’installent les premiers sur l’île.
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Les premiers siècles de notre èreLes peuples arawaks
Des agriculteurs et potiers arawaks occupent les côtes. Ils cultivent le manioc, pêchent et laissent derrière eux céramiques et pétroglyphes.
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Avant l’arrivée des EuropéensL’arrivée des Kalinagos
Les Kalinagos s’installent sur l’île, qu’ils appellent Wai’tu kubuli. Navigateurs redoutables, ils voyagent d’île en île dans de grands canots creusés dans un tronc de gommier.
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3 novembre 1493Christophe Colomb nomme l’île « Dominica »
Lors de son deuxième voyage, Colomb aperçoit l’île un dimanche, domingo en espagnol, et la baptise Dominica. Il ne s’y arrête pas : les Espagnols, repoussés par les Kalinagos, ne s’y installeront jamais.
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1642 – 1654Le père Raymond Breton chez les Kalinagos
Ce missionnaire dominicain français vit plusieurs années parmi les Kalinagos. Son dictionnaire caraïbe-français, publié en 1665, reste aujourd’hui une source précieuse sur leur langue et leur mode de vie.
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1660Une île laissée aux Kalinagos
Français et Anglais s’accordent pour laisser la Dominique et Saint-Vincent aux Kalinagos. L’île est déclarée « neutre », une neutralité réaffirmée à plusieurs reprises au cours du siècle suivant.
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Début du XVIIIe siècleLes colons français s’installent
Malgré la neutralité, des colons venus de la Martinique et de la Guadeloupe s’établissent sur la côte sous le vent. Ils fondent Roseau et développent des plantations de café et de cacao, où travaillent des Africains réduits en esclavage.
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1761 – 1763La Dominique devient britannique
Les Anglais s’emparent de l’île en 1761, pendant la guerre de Sept Ans. Le traité de Paris de 1763 la leur attribue officiellement. Les terres sont vendues aux enchères et les plantations s’étendent, notamment de canne à sucre.
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1778 – 1783Le retour des Français
Pendant la guerre d’indépendance américaine, les Français reprennent l’île. Ils la rendent aux Britanniques en 1783, au traité de Versailles. Les Anglais renforcent alors leurs défenses, dont le fort Shirley, dans la presqu’île des Cabrits.
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Fin du XVIIIe – début du XIXe siècleLes guerres des Marrons
Dans les forêts de l’intérieur, des esclaves en fuite, les marrons, forment des communautés libres. Menés par des chefs comme Jacko, ils résistent pendant des décennies aux troupes coloniales. Les marches taillées dans la roche des « Jacko Steps » en gardent le souvenir.
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1805Roseau en flammes
Une escadre française attaque l’île et Roseau est en grande partie détruite par un incendie. Les Français repartent contre rançon. En 1814, le traité de Paris confirme définitivement la souveraineté britannique.
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1834 – 1838L’abolition de l’esclavage
L’esclavage est aboli dans l’Empire britannique en 1834, suivi d’une période d’« apprentissage » jusqu’en 1838. La même année, la Dominique devient la seule colonie britannique de la Caraïbe dont l’assemblée est majoritairement composée d’élus de couleur.
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XIXe siècleDu sucre au citron vert
Le sucre décline et l’île se tourne vers d’autres cultures : café, cacao, puis le citron vert, dont la Dominique devient l’un des grands producteurs mondiaux à la fin du siècle. La banane prendra le relais au XXe siècle.
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1896Colonie de la Couronne
Londres reprend le contrôle direct de l’administration : la Dominique devient une colonie de la Couronne, et l’assemblée locale perd l’essentiel de ses pouvoirs.
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1903La création du territoire Kalinago
Après des années de revendications, l’administration britannique attribue aux Kalinagos environ 1 500 hectares sur la côte Est. Ces terres collectives ne peuvent pas être vendues. Découvrir le territoire Kalinago
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1958 – 1967Vers l’autonomie
La Dominique rejoint la Fédération des Indes occidentales (1958 – 1962), puis devient en 1967 un « État associé » au Royaume-Uni, maître de ses affaires intérieures.
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3 novembre 1978L’indépendance
485 ans jour pour jour après le passage de Colomb, la Dominique devient indépendante. Le Commonwealth de la Dominique est une république parlementaire, membre du Commonwealth.
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1979L’ouragan David
Moins d’un an après l’indépendance, l’ouragan David frappe l’île de plein fouet et détruit une grande partie des habitations et des plantations.
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1980 – 1995Eugenia Charles, la « dame de fer » de la Caraïbe
Eugenia Charles devient la première femme Première ministre de la Caraïbe. Elle dirige le pays pendant quinze ans.
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1997Le parc national de Morne Trois Pitons à l’UNESCO
Forêts, lacs, fumerolles et le célèbre Boiling Lake : le cœur volcanique de l’île est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Découvrir l’intérieur de l’île
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2011Le sentier Waitukubuli
Ouverture du Waitukubuli National Trail, le premier sentier de grande randonnée de la Caraïbe, qui traverse l’île du sud au nord en quatorze étapes.
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18 septembre 2017L’ouragan Maria
L’ouragan Maria, de catégorie 5, ravage la Dominique. L’île se relève avec courage et se donne un objectif : devenir le premier pays au monde résilient face au changement climatique. Aujourd’hui, la forêt a repris ses droits et les visiteurs sont de retour.

Les Kalinagos, premiers maîtres de l’île
Les Européens les appelaient « Caraïbes » ; eux se nomment Kalinagos. Pendant près de deux siècles, ils ont défendu la Dominique contre les colons, profitant de ses montagnes et de ses forêts impénétrables. L’île a été l’un de leurs derniers refuges dans les Antilles.
Environ 3 000 Kalinagos vivent aujourd’hui sur leur territoire, sur la côte Atlantique. La vannerie en larouma, les canots en gommier et la cassave perpétuent leurs savoir-faire. En savoir plus sur les Kalinagos

Plantations et marrons
Au XVIIIe siècle, les plantations de café, de cacao et de sucre s’étendent sur les terres basses, cultivées par des milliers d’Africains réduits en esclavage. Mais le relief de l’île offre aussi un refuge : dans la forêt de l’intérieur, les marrons fondent des villages libres et résistent aux troupes coloniales.
Le plus célèbre de leurs chefs, Jacko, a laissé son nom aux « Jacko Steps », un escalier taillé dans la roche au-dessus de la vallée de la Layou, et aux Jacko Flats, le plateau où vivait sa communauté.

Une île créole sous pavillon anglais
Britannique depuis 1763, la Dominique a gardé l’empreinte de la présence française. Les noms de lieux en témoignent : Soufrière, Pointe Michel, Grand Bay, Colihaut, Morne Diablotin… Et dans la rue, on parle le kwéyòl, un créole à base française, proche de ceux de la Martinique et de la Guadeloupe.
Chaque année, fin octobre, le mois du créole et le Jour du créole célèbrent cette culture : madras, musique, danses et cuisine traditionnelle. Découvrir la culture dominiquaise
Sur les traces de l’histoire
Les lieux à visiter pour découvrir le passé de l’île pendant votre séjour.
- Côte Nord · PortsmouthFort Shirley et les CabritsLa garnison britannique du XVIIIe siècle, restaurée, sur une presqu’île boisée qui domine la baie de Prince Rupert. Une balade entre ruines, canons et vues sur la mer.La Côte Nord →
- Sud-Ouest · RoseauLa vieille ville de RoseauMaisons créoles à balcons de bois, la place de l’Old Market, ancien lieu de marché et d’histoire, et la cathédrale de pierre du XIXe siècle.Le Sud-Ouest →
- Sud-Ouest · RoseauFort YoungConstruit par les Britanniques vers 1770 pour défendre Roseau, le fort est aujourd’hui un hôtel. On peut encore y voir ses murs et ses canons face à la mer.Fort Young Hotel →
- Sud-Ouest · RoseauLe Jardin botaniqueCréé à la fin du XIXe siècle sur une ancienne plantation sucrière, il servait à acclimater les cultures d’exportation. Un havre de verdure au cœur de la capitale.Le Sud-Ouest →
- Côte AtlantiqueLe territoire KalinagoLe village culturel de Kalinago Barana Autê, l’Escalier Tête Chien et les ateliers de vannerie, pour comprendre l’histoire du premier peuple de l’île.Le territoire Kalinago →
- Intérieur · Vallée de la LayouLes Jacko StepsUne randonnée sur le sentier Waitukubuli jusqu’à l’escalier taillé par les marrons du chef Jacko. À faire avec un guide.L’Intérieur →
La Dominique en images












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